Le patient prend sa santé en mains

Éthique | 21 juin 2010
Il est loin le temps où les patients attendaient sagement le diagnostic de leur médecin. Grâce aux nouvelles technologies qui facilitent l’accès aux sources d’information, ils sont de plus en plus nombreux à se passionner pour leur santé, et veulent s’impliquer dans leur prise en charge. Un changement de taille dont s’inspire la politique de santé du gouvernement, qui souhaite replacer le patient au cœur du système de soins. 
 
Une patiente en consultationSi le patient est en attente de l’expertise médicale, il n’est pas rare qu’il s’implique dans la connaissance des soins et des traitements : l’usage du Web s’est aujourd’hui démocratisé, et les questions de santé attisent la curiosité des internautes. Quelques clics et le public se rend sur les sites et autres forums pour en savoir plus sur un médicament, un symptôme… Objectif : comprendre son état de santé et s’investir dans sa guérison. « Le patient, en dépit de l’étymologie impliquant la passivité du malade, objet d’un traitement, devient un patient actif. » a rappelé Roselyne Bachelot pendant son discours du 2 septembre 2008 prononcé lors de la remise du rapport Mission éducation thérapeutique du patient. 
 

Faciliter l’accès du patient à ses données de santé 

C’est pourquoi la ministre a choisi de prendre en compte cette nouvelle attitude dans la loi HPST et de développer des projets permettant au malade d’accéder aux données concernant sa santé. Parfaite illustration de cet objectif : la relance du DMP, qui met le dossier médical du patient, sous le contrôle de ce dernier, à la disposition des professionnels de santé qui en ont besoin. Ceux-ci pourront ainsi connaître le parcours de santé précis de leurs patients, dès lors que ces derniers y « consentent » et disposer des comptes-rendus correspondants. Le patient pourra accéder à ses données de santé sans délai. « L’accès aux données médicales est un droit. Avec le DMP, ce droit deviendra une réalité », a souligné la ministre lors de sa visite du 23 juin 2008 à l’hôpital européen Georges Pompidou.
 

Avec le DMP, le patient devient acteur de sa santé

Le DMP permet de mettre en place un espace de partage et d’échange de données médicales afin de faciliter la coopération entre les professionnels de santé. Étant également mieux informé et plus impliqué dans sa prise en charge, le patient suivra mieux son traitement. 
 
Parmi les projets de services qui sont à l’étude pour faciliter la vie de chacun : des rappels automatiques de vaccins, de dépistage, d’examen ou de prévention de complications ;  des services de promotion de l’auto-surveillance (comme celle de leur glycémie pour les diabétiques). 
 

L’éducation thérapeutique, autre pilier de la loi HPST

L’éducation thérapeutique permet d’augmenter la maîtrise du patient sur lui-même.
Placé au cœur du système de santé, le patient ne subit plus son traitement, mais en comprend l’intérêt et participe, par sa vigilance et sa bonne observance, à son efficacité.
 
« En permettant aux malades de gagner en autonomie, par l’appropriation de compétences permettant d’améliorer leur qualité de vie, l’éducation thérapeutique participe de cet objectif cardinal d’une politique de prévention ambitieuse et innovante », a précisé Roselyne Bachelot pendant son discours du 2 septembre 2008.